loups duo protection

Défendre une cause naturelle

octobre 16, 2018

Aujourd’hui j’aimerais m’exprimer au sujet du fait de s’engager dans des causes afin d’éviter certaines catastrophes, de préserver les espèces et de tenter de réparer le mal que nous faisons. Aujourd’hui avec un Internet, toutes ces actualités sont à portée de clic et nous sommes plus facilement informés des divers combats menés aux quatre coins du globe. Cela suscite énormément de réactions, parfois très positives, souvent sceptiques, d’autres fois désespérées ou indifférentes. Dans cet article je vais vous raconter ce que je ressens sur le plan personnel et de quelle manière j’aime apporter mon humble contribution.

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J'ai récupéré cette photo sur Pixabay mais l'auteur a supprimé son profil. Si vous le connaissez n'hésitez pas à m'en faire part pour que je puisse le mentionner.

Chapitre I – les acteurs de la défense naturelle

 

Il n’est pas rare d’avoir l’impression que lorsque les alertes sont données, il est déjà trop tard. On se demande généralement pourquoi nous réagissons au bord de la catastrophe, certains le vivent même comme de l’hypocrisie. C’est bien naturel, puisque nous sommes la causes d’un grands nombre de disparition des espèces, de la dégradation du monde vivant, nous en sommes de plus en plus conscients.

Pourtant nous ne voyons que la moitié de l’iceberg. En amont, et ce depuis des années, des scientifiques étudient et travaillent pour connaître les conséquences possibles de nos actes. S’il est plus aisé d’anticiper des conséquences sur le court terme, le long terme nécessite une étude approfondie souvent plus complexe. L’avantage de notre aire, c’est que prenons mieux en compte les doutes au sujet des nouveaux produits chimiques ou nouvelles méthodes de construction par exemple. On anticipe donc de plus en plus les études nécessaires pour éviter un maximum les gros dégâts.

Ces dernières semaines nous avons tous entendu l’alerte lancée par les chercheurs pour nous dire que nos conditions de vie menaient le monde entiers droit dans le mur, mais qu’il est encore possible d’éviter le pire. Les premiers appels faits au cours des décennies précédentes n’ont pas eu l’impact espéré et ne sont pas arrivés aux oreilles de tout le monde. Si aujourd’hui cela nous apparaît dramatique, c’est aussi ce ton qui permet au message d’être entendu d’un plus grand nombre de personnes. Mais le but de cet article n’est pas de débattre de ce dernier.

Ensuite il y a les associations qui travaillent en continu et d’arrache-pied pour leur cause et ce avec très peu de moyens financiers, pour la plupart. Ces associations s’engagent sur le long terme et leurs efforts ne sont visibles qu’après des années de lutte. Elles s’occupent aussi de diffuser les  informations qu’elles récoltent sur le terrain.

Viennent ensuite les lobby et les gouvernements, très fortement montrés du doigt et à juste titre si vous voulez mon avis. Ce sont eux qui orientent les modes de vies, manipulent, exploitent et font du profit. Et d’un autre côté ils ont les fonds et le pouvoir de changer beaucoup de choses, sauf que la volonté n’y est pas. L’argent en soi n’est qu’une poignée de métal, ce qu’on en fait lui donne sa réelle valeur. Un millionnaire qui investit dans une réserve naturelle dans le but de préserver des milliers d’hectares de forêt pourrait bien devenir un héros moderne parce qu’il aura su faire usage de son argent de manière altruiste. Les choses ne sont pas aussi simples mais ça résume mon point de vue. En tout cas, tant que les recherches scientifiques ne sont pas alarmistes, les Humains de pouvoir n’accordent que très peu d’attention. On repousse les limites, on les grignotes sans scrupules puis les drames commencent et nous arrivent aux oreilles.

La planète. Oui la planète est également actrice de cela, puisque ses cycles sont connus et définis en partie et que nous les accélérons. Elle réponds par des catastrophes de plus en plus rapprochées et courantes. Les climats changent, les conditions de vie changent et les risques de désastres mondiaux augmentent. Tout acte obtient réponse de ce qui nous entoure, un peu comme l’effet papillon.

Enfin, il y a nous, citoyens du monde, êtres vivants du genre Homos, animal parmi les autres animaux. Capables du meilleur comme du pire,  la longévité de ce que nous sommes est en grande partie entre nos mains. Le problème est que dans notre chute nous entraînons d’abord tout ce qui nous entoure. Pourtant nous serions capables de si belles choses ! Nous avons été en mesure de créer des plantes plus résistantes aux maladies, de contribuer à la répartition végétale sur les continents. Nous avons sauvé certaines espèces des erreurs commises par nos ancêtres qui eux ne connaissaient réellement pas les conséquences de leurs actes. Nous avons su utiliser les ressources pour améliorer les conditions de vie. Puis ce fut la folie des grandeurs et nous n’avons pas utilisé nos capacités avec sagesse. A propos de l’être humain je vous invite vivement à lire “Sapiens – Une brève histoire de l’humanité” de Yuval Noah Harari. Dans ce livre, vous découvrirez une autre façon d’observer l’évolution humaine et une ouverture d’esprit très intéressante.

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Chapitre II – L’équilibre

De mon point de vue, l’équilibre et les proportions sont très importantes à prendre en compte. Beaucoup de choses sont faites sans savoir ou sans tenir compte si cet équilibre serait brisé après le passage à l’acte. Chaque chose est plus ou moins liées. Par exemple les plantes et les abeilles. Les abeilles contribuent à la pollinisation de nos plantes, qui donneront ensuite de la nourriture. Mais nos défenses chimiques sont également mortelles pour les abeilles et leur disparition causerait logiquement de lourds dégâts. Pas besoin d’être scientifique pour s’en rendre compte, c’est une logique simple. Et pour moi cette règle de l’équilibre est universelle, même sur des sujets plus sensibles comme la démographie et la répartition des ressources dans le monde. Les ressources nous les avions, notre production est indécente, et pourtant seule une petite partie du monde en bénéficie.

Ici nous sommes tous attachés à notre confort, électricité, eau potable, chauffage en hiver, nourriture abondante (même si pleine de poison). Alors quand il est question de réduire notre impact en diminuant les déchets, en consommant autrement, en évitant l’importation, même avec de la bonne volonté on se rend compte qu’il n’est pas si simple de changer nos habitudes. D’autant plus que les grosses multinationales feront tout pour nous tenter et nous donner bonne conscience. Si ce changement arrive de façon radicale, une grande partie de la population va se sentir “malheureux” puisque notre vision du bonheur est totalement conditionnée. Et là aussi l’équilibre n’existera plus. Certains médias n’hésitent pas à faire du buzz en ne montrant que les actions extrêmes des mouvements, apportant ainsi une vision violente, la peur et le mépris des causes défendues. De cette façon, on a peur de s’engager, d’agir, de prendre des initiatives et pire encore on a l’impression que notre image sera dégradée aux yeux de tous.

Un autre problème d’équilibre se pose ! A l’heure où nous pouvons prendre conscience de toutes ces causes, d’autres se trouvent au cœur de la tempête et sont les premières victimes de notre folie. On ne peut pas demander aux nations déjà opprimées de changer des habitudes qu’ils n’ont pas et qui subissent de plein fouet l’avarice et la gourmandise des “rois du monde”.

Pour moi, ce qui pourrait faire changer les choses c’est l’impact général de toutes ces causes : actions personnelles, associatives, informatives, parfois violentes aussi (lorsqu’on souhaite toucher directement les dirigeants de ce monde il faut parfois aboyer très fort). Toutes ces façons d’agir peuvent avoir un impact intéressant. Le problème est qu’il faut que cela soit international ! Et surtout que cela s’étende sur le temps. Vous pouvez par exemple vous intéresser au sujet de la Pipeline Transmountain pour voir à quel point il faut être tenace et assidue pour être écouté. Un combat victorieux n’est pas toujours une guerre remportée, mais ça donne de l’espoir et je pense que les générations futures auront de très lourds combats à mener.

 

 

Chapitre III – Espoir et actions

Les réseaux sociaux sont bombardés d’appels à l’action, de façons plus ou moins maladroites. Comme souvent cela suscite un certain nombre de réactions négatives et je pense qu’il faut voir un peu plus loin que les personnes qui transmettent ces messages. L’important dans le fond, c’est la cause et les possibilités qui s’offrent à nous, à notre échelle. Il s’agit de faire les choix en fonction aussi de notre personnalité et de nos responsabilités dans la vie de tous les jours. Passer à l’acte demande un peu plus d’investissement de notre temps, ce que certaines personnes ne peuvent pas toujours donner. Alors même une simple signature, c’est déjà l’idée d’une prise de conscience. La prise de conscience est le bon point de départ.

Ensuite il faut s’orienter vers les actions que nous pouvons assurer. Certains s’engagent vers les actions quotidiennes comme le “zéro déchets”, “consommer local”, apprendre à faire son potager et à nourrir la terre. D’autres s’engagent très activement et partent sur le terrain pour élaborer des idées, aider les autres ou récupérer des informations. Du côté des entreprises, on commence à entendre plus d’appels à la “décroissance” , une notion qui paraît utopique et l’est peut-être mais que j’aimerai voir se mettre en place.

Difficile de ne pas être noyé dans la masse de bonnes causes qui existent. Il faut faire preuve de discernement et ne pas tenter d’être sur tous les fronts. Se concentrer sur quelque chose qui nous touche plus nous rendra certainement plus efficace. Pour ma part j’ai choisis de m’intéresser à la protection et la réintroduction de la faune sauvage , d’abord sur le plan local et plus largement sur le plan mondial. Je suis souvent freinée par mes propres peurs et mon manque de temps et c’est aussi pour ça que je me concentre d’abord sur ma région. Les contacts y sont plus accessibles et j’y connais mieux le milieux naturel. J’étudie plus en profondeurs les loups, les rapaces et les mouflons par exemple, j’essaye d’approfondir la question de la cohabitation des êtres vivants. J’ai toujours été en désaccord pour mettre l’Homme au centre de tout. Nous faisons partie d’un équilibre vraiment fragile. J’accorde une grande importance au respect de l’animal que l’on souhaite observer et étudier, à ne pas le déranger, se faire invisible autant que faire se peut. Il y a de multiples points de vue à prendre en compte et un grand nombre de conditions défavorables à une cohabitation saine. Car depuis bien trop longtemps, nous prenons les terres sans ne plus laisser aucun espace au monde sauvage, il est toujours compliqué de faire marche arrière contre vents et marées. Le sens du partage s’étend bien au-delà de la simple condition humaine. Mon expérience personnelle m’a par exemple fait comprendre que lorsqu’on cultive il faut toujours réserver une part aux autres êtres vivants qui vivent sur la parcelle qu’on entretient. Toujours dans le respect de l’équilibre.

 

J’ai repris un peu d’espoir grâce à l’aboutissement d’un long combat mené en Allemagne pour sauver ce qu’il reste de la forêt d’Hambach.  Le pays étant en grand dilemme concernant la question du charbon, cette forêt était soumise à discussion pour être exploitée. Il ne restait déjà plus beaucoup d’arbres et durant six ans, des allemands et des personnes de diverses nationalités se sont battues pour préserver cet endroit. Nous savons déjà que cela soulève surtout la question de l’exploitation du charbon en Allemagne, mais c’est déjà une petite victoire qu’ils auront bien mérité. Un travail de longue haleine mais qui n’est pas toujours voué à l’échec.

 

Chapitre IV – Prendre du recul et vivre

Lorsqu’on s’engage pour une cause, il faut s’attendre à prendre la foudre de ceux qui s’y opposent. Et de leur côté ça ne doit pas non plus être évident à gérer émotionnellement. Il faut connaître ses limites, et s’y tenir pour ne pas se créer un fardeau qui nous emprisonne. Chacun pense et vit les choses selon ses expériences et peu de personnes étendent leur perspective. Il faut l’accepter, et s’accepter. Je sais pertinemment que je ne suis pas une meneuse par exemple, je suis incapable de porter le poids de toutes les responsabilités qu’implique la mise en place d’un projet aussi important que de se battre pour une cause. Par contre je sais être force de proposition et donner beaucoup d’implication, je préfère agir en coulisse plutôt que sous les projecteurs. Comme dans le milieu professionnel chacun peut trouver la place qui lui convient selon son tempérament. L’essentiel est que ça reste cohérent !

Prendre du recul est essentiel. S’engager est une chose, mais comme en société, il est important de ne pas s’oublier. Reprendre de l’énergie, faire des choses que nous aimons et ne plus y penser de temps en temps. L’essence de notre vie est d’exister. Les choses les plus simples n’ont pas à être mises de côté à cause de la gravité d’une situation générale. Pour ma part je me ressource en forêt et en montagne, mais pour d’autres cela peut être un après-midi avec leurs enfants ou une activité sportive. Ne pas laisser nos émotions prendre le dessus. La première chose que j’ai ressentis vis à vis des récents évènements était de la colère, émotion que je ne ressens que très rarement, et cela m’a beaucoup fatiguée. Alors j’ai mis tout cela de côté pendant quelques jours pour retrouver mes esprits et ensuite agir sur une base sereine. J’ai été par exemple très touchée par les évènements au sujet de l’introduction des deux ours dans les Pyrénées, j’aurai vraiment souhaité une médiatisation plus discrète dès le départ. Sans étaler mon point de vue, cette situation n’est que le reflet d’un mal encore plus profond que les problèmes soulevés, et il  n’est pas toujours évident de trouver un document qui approfondisse le sujet. C’est un exemple parmi tant d’autres.

Alors apprécier d’être vivant est déjà une chose qui fait beaucoup de bien. Éprouver un  peu de gratitude parce qu’on ne manque pas encore d’eau et qu’on a plus de libertés qu’ailleurs. Des choses simples, vivre en acceptant que nous faisons partie de tout cela quoiqu’on en pense. Se détacher un peu des tumultes de la société de consommation et du profit à tout prix et en conservant certains de ses aspects positifs pour mener à bien des actions qui nous tiennent à cœur. Et cela est valable à la fois sur le plan personnel que sur le plan général. Vivre ensemble avec tout les vivants.

Pour finir, je considère qu’il est également important de respecter le choix de ceux qui ne veulent pas se mêler d’une cause ou d’une autre.  Si un jour ils le font, c’est qu’ils seront prêts, sinon c’est les mener au devant d’une expérience qu’ils ne vivront pas d’une façon intéressante. Les convictions doivent être sincères.

By sifhel

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