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Un week end avec les rapaces

novembre 6, 2018

Première rencontre avec les chouettes

chouette effraie

Lorsque j’étais enfant, mon père retapait une vieille maison pour en faire notre foyer. A cette époque, ma chambre se situait juste en dessous du grenier. Un Grenier dont les murs étaient encore percés. Et chaque soir j’entendais des cris, un son étrange qui se perdait dans le silence de la nuit. Nulle question ici de fricoter  avec le surnaturel et pourtant à ce moment là, j’étais terrifiée. C’est alors que mon père pris la décision de m’emmener voir ce qu’il se passait dans ce grenier qui me donnait la chair de poule. Le bois grinçait sous nos pas, il faisait sombre, nous devions utiliser une lampe torche. Puis…ce qui s’apparentait à un mauvais film d’horreur se transforma et devint l’un des instants les plus magiques de mon enfance. Juste là, non loin de l’ouverture donnant sur l’extérieur, se trouvait un nid. Un nid qui protégeait plusieurs petites chouettes effraies. Chaque année, un couple de chouettes effraies élisait domicile sous notre toit pour y élever ses petits. Depuis j’éprouve beaucoup d’admiration pour les rapaces nocturnes. Lorsque j’entends le cri d’une chouette percer le silence, je ne peux m’empêcher de sourire bêtement.

Dans l’histoire, les rapaces ont régulièrement changé d’image auprès des êtres humains. Ils étaient tantôt élevés pour la chasse, tantôt considérés comme nuisibles. Avec un régime alimentaire exclusivement carnivore (à quelques exceptions près), les rapaces ont vite été considérés à tort comme des rivaux ou comme une menace pour certains élevages.  Ils ont été exterminés en masse, un peu comme d’autres prédateurs. Voilà peu de temps qu’ils regagnent notre cœur et que nous essayons de les préserver, voir de les réintroduire pour certaines espèces.

Le parc les Aigles du Léman

Cette année, j’ai eu la chance immense de pouvoir participer à un stage de fauconnerie auprès du parc “les Aigles du Léman” situé non loin de Genève. Vous en avez peut-être déjà entendu parlé, ou l’avez vous visité . Il s’agit d’un parc qui a été créé par Jacques-Olivier Travers. Il dévoue sa vie aux rapaces depuis toujours et travaille dur pour changer la perception de ces oiseaux dans le monde. A travers ses spectacles de fauconnerie, ses films ou ses projets, il ne s’agit pas uniquement de nous en mettre plein la vue. En outre, il vous partage une meilleure connaissance des espèces et de leur condition. Une sensibilisation primordiale à ses yeux si nous voulons apprendre à cohabiter avec les rapaces.

Le parc est immense et ne cesse de s’agrandir. Des espaces de reproduction et de vol sont aménagés afin de convenir au mieux au mode de vie des rapaces. Il faut savoir que la plupart des rapaces ne volent pas des kilomètres juste pour le plaisir. Généralement ils chassent un bon moment, se dégourdissent un peu les ailes puis passent le reste de la journée à l’abri.  C’est par exemple le terrain de jeu des pygargues à queue blanche pour lesquelles un projet de réintroduction en milieu naturel est en cours. A travers le projet Freedom, vous en apprendrez plus sur êtes espèces de rapaces pêcheurs aujourd’hui disparue depuis plus de 50 ans en France.

La plupart des volières sont occupées par un couple qui peut-être donneront naissance à des petits. D’autres plus grandes, rassemblent plusieurs genre de rapaces. Certains cohabitent même avec quelques oies, moutons et chèvres en parfaite harmonie.

affiche freedo film

Déroulement du stage avec les rapaces

Le stage se déroulait en deux temps : les premières heures étaient théoriques, on y étudiait les caractéristiques des rapaces auprès d’Eva, une biologiste passionnée. Puis en fin de matinée nous partions à leur rencontre. A travers mon stage j’ai pu approcher de nombreux oiseaux et découvrir leur comportement, ainsi que partager un bon moment avec eux. Il ne s’agit pas de les câliner comme nous le faisons avec nos animaux domestiques. On évite d’avoir trop de contact tactile avec eux. On y apprend à faire le nœud du fauconnier, préparer les récompenses, le nourrissage des oiseaux ainsi que certains soins selon la période. Les jeux de vols consistent principalement à un échange : quelques battements d’ailes pour une bouchée. Même à travers le gant, on peut sentir la force de leurs serres. Lorsque les oiseaux sont habitués il est possible de partir se promener avec eux en les laissant voler derrière nous tout en partageant une récompense. Le temps maussade n’a rien enlevé à la magie de ce moment.

Le stage s’est terminé par des exercices de vol avec Kheops, pygargue à tête blanche des plus impressionnants, et un peu plus lourd que nos amis faucons et buses, sur l’aire de spectacle du parc. Ensuite nous avons pu échanger un peu avec le staff, notamment au sujet de la préservation des rapaces.

 

hibou petit duc

Hibou petit duc – Mon coup de coeur

Liberté

Vient la question de réintroduction des espèces. C’est quelque chose qui ne se fait pas du jour au lendemain pour plusieurs raisons logiques. Et c’est pourquoi il paraît souvent injuste aux yeux des gens que cela ne soit pas réalisé de façon immédiate. Rendre à la nature des créatures nées en captivité, sans préparation, c’est comme demander à un être humain de survivre en pleine nature à poil et sans autres outils que sont corps et sa tête pour se débrouiller. Alors il faut les y amener progressivement.

Viennent aussi les critères d’espace. Dans quel environnement vais-je les relâcher ? Y a t-il assez d’espace pour que les humains et les autres animaux cohabitent. Actuellement la réponse est souvent non… Entre la déforestation, le braconnage, les éoliennes dans lesquels les oiseaux se font découper,  et j’en passe. Le but d’une réintroduction n’est certainement pas de voir nos petits protégés de faire décimer en moins d’une année de la main de l’être humain. Je pense qu’il est nécessaire, de revoir notre partage des espaces avec les autres être vivants si nous voulons rétablir un équilibre au sein de la biodiversité. Il nous faut plus de réserves naturelles, et une meilleure protection des espèces. Une protection mise en place AVANT que le nombre d’individus ne deviennent critique.

Des études sont également menées afin d’anticiper un maximum les obstacles qui se dresseront sur le chemin de réintroduction réussies et les impacts qui en découleront en fonction de la situation géographie mais aussi de la politique environnementale en place sur le territoire.

Ce week-end restera un moment fort, utile et agréable. Si je ne suis pas vouée à faire de la fauconnerie mon métier, c’est avec plaisir que je ferai un peu de bénévolat si le temps me le permet. En tout cas je n’hésiterai pas à m’investir un peu plus dans la cause des rapaces et à continuer de les admirer sur les chemins de mes randonnées.

Je vous invite vraiment à lire le dossier concernant le projet Freedom :  Lire le dossier

Si vous vous intéressez au parc les aigles du Léman vous trouverez plus d’info ici : Site officiel

Il ne me reste plus qu’à mettre de côté pour pouvoir m’offrir un objectif animalier et à partir à leur rencontre en pleine nature ! Les chouettes restent ma plus grande fascination.

 

By sifhel

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