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The road not taken – Introspection

mars 5, 2019

Dans ce billet je vais m’appuyer sur un poème dans lequel je me retrouve entièrement pour vous partager un petit bout de mon existence et de ma façon de penser.

UN POÈME DE ROBERT FROST

Two roads diverged in a yellow wood,
And sorry I could not travel both
And be one traveler, long I stood
And looked down one as far as I could
To where it bent in the undergrowth;

Then took the other, as just as fair,
And having perhaps the better claim,
Because it was grassy and wanted wear;
Though as for that the passing there
Had worn them really about the same,

And both that morning equally lay
In leaves no step had trodden black.
Oh, I kept the first for another day!
Yet knowing how way leads on to way,
I doubted if I should ever come back.

I shall be telling this with a sigh
Somewhere ages and ages hence:
Two roads diverged in a wood, and I—
I took the one less traveled by,
And that has made all the difference.

Chapitre I – En dehors du cadre

Lorsque j’étais une enfant, j’aimais déjà la sensation de liberté et les choses simples. Avec toute l’innocence de cette période, j’adorais la sensation de l’herbe sous mes pieds, au risque de marcher sur un insecte piquant, je n’aimais pas quand les gens se disputaient et préférais la quiétude d’un jeu en solitaire plutôt que le bruit des jeux en groupe.

Puis le collège est arrivé, on commençait déjà à nous parler de la vie en société, du travail et de la réussite sociale. Je n’avais pas l’impression de faire partie de ce monde là. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi je devais travailler le restant de ma vie au lieu de profiter du temps qui défilait. Cela m’a valut, très tôt, l’inquiétude de mes parents, le regard sceptique des autres jeunes. Mais je le vivais bien. J’avais deux excellentes copines toutes deux très différentes mais déjà avec le regard critique. L’une était d’un calme Olympien, réfléchie et toujours à l’écoute. L’autre, qui n’était pas dans ma classe avait un fort caractère, intrépide et qui avait toujours des idées un peu folles mais alléchantes. Avec cette dernière nous nous échappions parfois du collège pour aller flâner avec les chevaux loin du regard des surveillants. Escalader un portail, biper à la cantine sans y manger… Déjà tout un tas de stratagèmes pour échapper aux griffes du “modèle”.

Au lycée j’ai été mise de côté…Ou peut-être que je me mettais moi-même sur le banc de touche ? Certaines personnes m’avouaient que je leur faisais peur à cette époque. Il faut dire que j’étais tellement accro à Tim Burton que je m’habillais toujours en noir avec un grand chapeau. Mais généralement on pensait que je planais loin de tout, que j’étais bizarre, et que j’inventais constamment ma vie. Je n’inventais pas ma vie…Je vivais juste en dehors des cours. Je rencontrais des personnes improbables, j’avais soif d’apprendre…Mais pas comme en cours. J’étais déjà connectée à la nature. Je n’aimais pas trop faire la fête, je ne vibrais pas sur les musiques du moment. Je ne souffrais pas de mes moments de solitudes au lycée. J’ai tout de même passé mon bac, pour faire plaisir à mes parents car mon but n’était pas qu’ils s’inquiètent ou qu’ils souffrent. Mais il a fallut des années pour qu’ils entendent réellement mon ressenti.

J’ai pris les évènements de ma vingtaine comme de nouvelles expériences. Comme pour tout le monde j’ai connu des instants très compliqués, et des gens nocifs. J’ai parfois été mise de côté nonchalamment parce que j’étais toujours très détachée des problèmes de “société. Je ne me sentais toujours pas comme membre de cette société, plutôt comme spectatrice. Au fond je ne le voulais pas vraiment. Après m’être détachée d’une personne qui me tirait vers le bas, j’ai commencé à voyager le plus possible, en France ou en Europe.Je me suis gorgée de concerts, j’ai intégré des milieux totalement différents puis me suis éclipsée sans jamais redonner de nouvelles aux personnes de ces milieux. J’ai jugé ces moments intéressants dans leur aspect éphémères, je ne voulais rien de sérieux. Alors parfois je manquais les cours, mais ça n’avait pas d’importance à mes yeux. Vraiment pas…Je me disais que j’aurai tout le temps de les rattraper plus tard…

Chapitre II – Intégration ?


Avec cette attitude, je ne me suis donc pas forgée comme le modèle. Ca dépassait beaucoup du moule ! Je n’avais toujours pas de rêve de réussite sociale puisque concrètement je m’en fichais toujours. J’ai tout de même finit par jouer le jeu. Pour me faire accepter ? Que neni. Simplement pour qu’on me foute la paix. Lorsque j’ai choisi d’intégrer le monde du travail, c’était parce que j’avais des objectifs et que pour les réaliser , j’avais besoin d’un peu d’argent. Alors j’ai travaillé de longues heures dans le secourisme. Un métier qui a renforcé mon envie de rester hors du cadre. Si la santé un jour m’échappe, je veux garder de beaux souvenirs et être heureuse de ce que j’ai accomplis. J’ai appris que les choses mises en place pour aider les gens ne sont pas suffisantes et que le mépris de ceux qui ne vivent pas ces malheurs n’a d’égal que leur égo.

Puis j’ai obtenu assez d’argent pour réaliser mes petits projets personnels et j’en ai profité pour terminer mes études de web. Je vous l’avais dit que je le ferai plus tard ! Je ne suis pas non plus très attachée à mes postes en général. Si mes contrats s’arrêtent…ma vie non ! Et en général je profite du temps libre d’une fin de contrat pour m’investir un peu plus dans mes autres activités. Toujours dans l’apprentissage et la passion. Et le stress ne se fait sentir que lorsque je me mets moi-même dans un état mental d’attente. Ce que j’essaye d’éviter.

Alors oui je me sens un peu mieux intégrée. Un peu plus qu’au début, mais ce n’est qu’un masque. On me trouve toujours bizarre et détachée. Je m’attends à ce que tout cela s’écroule du jour au lendemain. Ne nous voilons pas la face…Toute société évolue et change, dans le chaos bien souvent. En définitive ce qui me rattache à cette société sont la culture et l’éducation. Mais en réalité je me sens juste comme membre du genre humain. Ma société c’est l’humanité et à plus grande échelle le monde des vivants.

Chapitre III – Vivre comme on l’entend

Si cette situation a suscité de nombreuses questions régulièrement. Aujourd’hui je crois avoir trouvé un certain équilibre. Je me sers de ce que la société propose pour accomplir ce que je juge important en évitant qu’elle ne me devienne trop oppressante. J’aspire à une vie parfaitement autonome. J’ai choisi d’avancer par étape, d’autant plus que je ne suis plus seule dans la barque. J’étudie comment rendre de l’eau potable, comment cultiver et comment se passer d’un certain confort…Pour en obtenir un autre, si un jour je devais tout perdre. Apprendre à se détacher un peu plus. En réalité le plus difficile est de trouver où. Dans mes recherches j’ai vraiment pris conscience à quel point nous avons été invasif sur le territoire et à quel point nous sommes de plus en plus tassés. Selon les pays il est de plus en plus compliqué de posséder un morceau de terre et de s’en occuper dans les règles de l’art, sans crouler sous les obstacles. Alors quelle sera ma stratégie ? Je suis entrain petit à petit de prendre la route peu empruntée, boueuse et ardue. Et je m’en réjouis. Je me sens peu motivée à remplir les objectifs de la réussite sociale, mais ceux de l’autonomie, réveillent en moi un feu de détermination.

J’aime beaucoup le principe des villages autonomes, autosuffisants même si la problématique de la santé vient bouleverser ce type de projet. J’ai bon espoir que de nouveaux concepts et de nouvelles façons d’accéder aux soins se développent. Revenir à des actions d’entre-aide et de partage dans un groupe. Rechercher une certaine symbiose là où on l’a perdue.

Au bout du chemin je n’ai pas vraiment l’intention que l’on me félicite ou que l’on me dise que j’ai tout foiré. Nous aurons vécu… c’est tout.

Ayez la passion et le feu en vous. Peu importe le chemin que vous empruntez. Cette chaleur qui nous fait vibrer et révèle nos capacités.

By sifhel

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2 comments

  • Enirtourenef

    11 mars 2019 at 11 h 44 min

    Quand j’ai voyagé en Croatie, j’ai acheté une boussole dans une boutique de souvenirs d’un musée, et dedans il y avait ce poème. Je ne le comprends toujours pas sur le bout des doigts, mais ce que j’en comprends me plaît.

    Je pense qu’il fut poursuivre ses objectifs, quels qu’ils soient, qu’ils soient détachés ou non de notre société. D’ailleurs, je pense que l’on ne peut pas complètement se détacher de la société à moins d’aller vivre dans une grotte de montagne au fin fond du bout du monde.

    1. sifhel

      11 mars 2019 at 13 h 27 min

      J’aime l’idée d’avoir glissé ce poème dans une boussole ! C’est un chouette moyen de le découvrir ! L’avantage des poèmes c’est que le mots peuvent résonner en nous de façon tout à fait personnelle en complément de ce que l’auteur raconte.
      Je suis sure que même si on part vivre perdue au bout du monde, quelqu’un trouverait le moyen de venir nous glisser une petite “taxe” de séjour , ou nous piquer des ressources ahah !

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